Le méga-barrage éthiopien sur le Nil Bleu qui fait peur à l’Egypte et au Soudan

Depuis l’annonce de sa construction en 2011, le barrage éthiopien de Grand Renaissance n’a cessé d’envénimer les relations diplomatiques de la région.

Ce projet, qui booste les prévisions de croissance de l’Ethiopie, avec ses 6000 MW de capacité et ses potentiels 2 millions $ de revenus journaliers en exportation d’énergie, suscite l’inquiétude, et parfois la colère, des pays en aval du fleuve.

L’Egypte craint en effet que le remplissage des 60 milliards de mètres cube de retenue ne réduise durablement ses parts des eaux du Nil qui sont vitales pour son agriculture.

Mais même les menaces égyptiennes de bombardement de l’ouvrage se sont heurtées à la détermination éthiopienne.

Il avait été convenu entre les parties de désigner des cabinets d’études internationaux pour évaluer l’impact qu’aura le barrage sur le cours du fleuve. Mais ces études n’ont jamais pu aboutir, alors que le barrage est déjà presque achevé.

Le remplissage est prévu pour l’an prochain et la tension monte dans la région. L’Allemagne propose sa médiation. Pas sûr que cela suffise à concilier des intérêts aussi puissants que divergents.

Wikileaks révèle la préparation d’une opération militaire contre le barrage

En juillet 2012, Wikileaks révèle que l’Egypte et le Soudan qui se partagent 90% des eaux du Nil, préparent des opérations militaires contre le barrage de Grande Renaissance afin de préserver leur part du fleuve.

Selon des informations datant du 26 mai 2010, une source diplomatique égyptienne aurait déclaré : « Le président Omar el-Beshir a donné son accord pour permettre aux Egyptiens de construire une petite base aérienne à Kusti afin de faciliter les opérations des commandos égyptiens au cas où ils auraient à aller détruire les infrastructures hydrauliques installées sur le Nil bleu ».

Omar el-Beshir serait prêt à aider l’Egypte à intervenir militairement contre l’édification du barrage.

Cette information sera confirmée par une conversation entre le chef des services secrets Omar Suleiman qui affirmait au président Mubarack : « Le seul pays qui ne coopère pas est l’Ethiopie. Nous continuons à leur parler avec l’approche diplomatique. Oui, nous discutons d’une coopération militaire avec le Soudan. Si une crise advient, nous bombarderons le barrage et tout sera fini en un jour, aussi simple que cela. Nous pouvons également envoyer nos forces spéciales bloquer ou saboter le barrage ».

L’Ethiopie entame la déviation des eaux du Nil

En mai 2013, l’Ethiopie entreprend la déviation du Nil bleu en prévision de la construction du barrage de Grand renaissance. Le Nil bleu qui est l’un des principaux affluents du Nil a été dévié sur environ 500 mètres.

« Pour construire le barrage, le lit naturel doit être asséché » affirme à ce propos Addis Tadele, le porte-parole de la compagnie éthiopienne d’électricité.

Le barrage de Grand renaissance d’une capacité de 6000 MW sera situé à 40 km de la frontière du Soudan. L’infrastructure s’étendra sur 1780 m avec une hauteur de 145 m et un réservoir d’une capacité de 63 milliards de mètres cube qui prendra des années à se remplir.

Les islamistes égyptiens menacent l’Ethiopie, jusqu’au bombardement en cas de poursuite du barrage

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